Le choix des cépages : palette, adaption, innovation
Sur la ligne Fenouillet–Bellegarde, la diversité des cépages manifeste la recherche d’équilibre entre patrimoine et adaptation. Ceux que les anciens appelaient les « ceps du pays » – carignan, grenache, cinsault – résistent encore dans les vieux rangs tortueux, souvent sur les terres les plus maigres. Mais la montée en puissance du chardonnay, du mauzac et du pinot noir, notamment pour la blanquette et les AOP Limoux, a profondément modifié la structure paysagère. C’est perceptible au printemps : à côté des vieilles vignes taillées en gobelet, s’alignent de nouveaux rangs palissés, soigneusement orientés pour mieux absorber soleil et vent.
Depuis dix ans, on observe aussi la plantation de cépages plus résistants à la sécheresse : marselan, caladoc, parfois du vermentino. Ce sont le fruit d’une nécessité : l’augmentation de la température moyenne annuelle dans l’Aude est de l’ordre de +1,3°C depuis 1950 (source : Météo France), et les épisodes de sécheresse estivale deviennent la norme. Certaines parcelles, autrefois jugées trop pentues ou pierreuses, sont réinvesties grâce à ces cépages adaptés, apportant une nouvelle lecture du terroir, moins uniforme, plus inventive.